A propos de Tamiya Ryu
Histoire du Tamiya-ryū
Tamiya-Ryū Iaijutsu est une ancienne école japonaise de sabre dont l'origine est traditionnellement attribuée à Tamiya Heibei Shigemasa, élève de Hayashizaki Jinsuke Shigenobu, figure majeure de l'histoire de l'iaïjutsu.
Des origines à l'école de Kishū
Tamiya Heibei Shigemasa développa et enrichit les enseignements reçus de Hayashizaki, donnant naissance à une tradition qui prit progressivement le nom de Tamiya-ryū. Parmi les particularités qui lui sont traditionnellement associées figure l'utilisation d'un sabre à poignée longue (nagae-katana), considéré comme offrant certains avantages dans le combat.
La transmission se poursuivit avec Tamiya Tsushima no Kami Nagakatsu, qui entretint des liens étroits avec la famille Tokugawa. Lorsque Tokugawa Yorinobu s'établit dans le domaine de Kishū, Nagakatsu le suivit. Le Tamiya-ryū se développa alors dans cette région et acquit progressivement une grande réputation.
En 1651, Tamiya Heibei Nagaie, successeur de Nagakatsu, fut convoqué avec d'autres maîtres d'arts martiaux pour présenter son art devant Tokugawa Iemitsu, troisième shogun Tokugawa. Cette présentation contribua à faire connaître le Tamiya-ryū au-delà du domaine de Kishū.
La transmission à Saijō
Au cours du XVIIe siècle, une branche du Tamiya-ryū fut transmise dans la province d'Iyo-Saijō, aujourd'hui située dans la préfecture d'Ehime. Issue de l'enseignement de Eda Gizaemon, disciple de Nagakatsu, cette tradition prit progressivement le nom de Tamiya Shinken-Ryū.
Le style se développa durablement à Saijō, où les arts martiaux bénéficiaient d'un soutien important du domaine. Sa transmission fut assurée par plusieurs générations de maîtres, avant de passer en 1797 à la famille Tsumaki, qui en conserva et transmit les enseignements pendant plusieurs générations.
Après la génération 14, suite au décès sans successeur désigné de Tsumaki Seirin en 2007, la lignée s’est scindée en plusieurs branches : Genwakai (dirigée par Tsumaki Kazuo) et la branche Seirinkan/Odawara (Tsumaki Tasuo et d’autres groupes affiliés, dont Fukui Seiichi disciple de longue date de Tsumaki Seirin,).
Par l’intermédiaire de Patrik DEMUYNCK, Kyoshi 7°Dan, nous suivons la ligne Fukui Seiichi (1924-2016) > Katsumata Kenichi > Suzuki Kenji
Une tradition fondée sur la technique et l'esprit
Le Tamiya-ryū ne se limite pas à l'apprentissage de techniques de sabre. Sa tradition met également l'accent sur la maîtrise de soi, la précision, le calme et la qualité de l'attitude.
Les enseignements transmis insistent sur l'équilibre entre l'étude et la pratique martiale, ainsi que sur la capacité à conserver un esprit calme face aux difficultés. Le kokoro — le cœur, l'esprit — occupe ainsi une place importante dans la pratique.
Sur le plan technique, le programme traditionnel comprend plusieurs niveaux de transmission et plusieurs volumes:
- Tamiya Shinken Ryu - Omote no Maki (11 techniques avec variantes)
- Tamiya Shinden - Okugishū (11 techniques avec variantes)
- Tamiya Shinken Ryu - Koran no Maki (14 techniques avec variantes)
- Gokui (3 techniques avec variantes)
- Kubota Ha Tamiya-Ryū Entraînement individuel du shidachi
- Kubota Ha Tachi Tai (10 techniques)
- Kubota Ha Kumi Tachi (12 techniques)
Les mouvements sont décrits comme amples, précis et rigoureux, avec une attention particulière portée aux détails. La tradition accorde également une importance particulière à la noblesse et à la beauté du geste, ainsi qu'au jōdan zanshin, attitude de vigilance maintenue après l'action.
Le Tamiya-Ryū aujourd'hui
Au fil de son histoire, le Tamiya-Ryū a connu différentes branches et dénominations. Certaines lignées ont disparu, tandis que d'autres ont été préservées grâce à la transmission familiale, à l'adoption et au travail de maîtres soucieux de conserver les enseignements de l'école.
La tradition aujourd'hui pratiquée s'appuie sur cet héritage historique et sur les documents de transmission (denshō), qui permettent de préserver les principes et les techniques du style.
Le Tamiya-Ryū demeure ainsi une tradition de Iaïjutsu où la recherche de l'efficacité technique s'accompagne d'une recherche de précision, de maîtrise de soi, de beauté et d'harmonie.